Méditation sur l’ épiphanie 2025
À la naissance de Jésus, un astre s’est donc levé. La venue du héros divin est ainsi signifiée par un signe cosmique, visible, prouvant l’importance de cet évènement. Grâce à une révélation intérieure, les mages ont saisi la relation de l’astre avec le Messie et, chargés de présents, ils font route vers Jérusalem. Leur décision de se rendre sur place présenter personnellement leurs hommages au nouveau roi des Juifs n’a rien de politique. La Judée est sans importance pour eux. Ils ignorent probablement tout de cette Jérusalem que Dieu a choisie pour être le siège et l’origine du salut qu’il veut accorder à l’humanité. Les mages viennent donc trouver Hérode et lui demandent où est né le roi des Juifs.
Cette question, tout étonnante qu’elle soit sur les lèvres d’étrangers, n’en est que plus digne d’intérêt. On comprend qu’elle jette le monarque dans un trouble profond. Hérode, surnommé le grand pour avoir restauré le Temple, n’en fut pas moins, pour les Juifs pieux de l’époque, un oppresseur, un prince étranger sans scrupule et un débauché dont le trône apparaissait comme une usurpation et le pouvoir comme un obstacle à l’établissement du Royaume de Dieu. Hérode cherche à approcher celui qui a le même titre que lui. Ne connaissant pas l’endroit cherché et encore moins l’Écriture, il lui faudra recourir aux docteurs de la loi. Le recours aux scribes permet d’affirmer que le lieu de naissance de Jésus n’a pas été inventé par les chrétiens. Les Juifs et Hérode lui-même en témoignent.
Le roi des Juifs vient de naître à Bethléem. Autour de lui, Marie, Joseph et les mages forment une première famille protégée par la puissance bienveillante de Dieu. Les mages qui sont venus de loin n’ont pas été déçus. La lumière qui les avait guidés sur la route illumine maintenant leurs cœurs et ils se prosternent devant un bébé de quelques jours qui repose dans les bras d’une jeune maman. Ce que les mages ont vu : le ciel sur la terre, la terre dans le ciel ; l’homme en Dieu, Dieu dans l’homme. Ils ont vu ce que le monde ne pouvait contenir, enfermé dans un corps d’un tout petit. Et dès qu’ils l’ont vu, ils ont cru sans discuter, en offrant leurs dons symboliques : par l’encens, ils confessent Dieu ; par l’or, le roi ; par la myrrhe, sa mort future. C’est ainsi que les païens, qui étaient les derniers deviennent premiers. La venue des païens à la croyance est inaugurée par la foi des mages. C’est la miséricordieuse providence de Dieu qui décida que le salut de toutes les nations se ferait dans le Christ. C’est le caractère universel du salut apporté par Jésus. La rencontre des mages avec Hérode permet de donner à la naissance de Jésus sa pleine signification : face à la vie qui vient de naître, la mort va tenter d’étouffer Celui qui, un jour, l’anéantira sur la croix.
Bon dimanche de l’épiphanie !
P. Thomas MBAYE















