2e dimanche de Pâques
En ce 2e dimanche de Pâques, l’Église nous montre le visage qui nous ressemble assez : Saint Thomas. Thomas le méfiant, l’incrédule, l’irréductible. Celui qui ne se laisserait pas faire, qu’on ne l’aurait pas à bon compte. Il est le dernier carré des réalistes, de ceux qui se méfient quand cela paraît trop beau. Thomas est un véritable homme moderne, un existentialiste, qui ne croit qu’à ce qu’il touche, un homme qui se veut sans illusion, un pessimiste courageux.
Le caractère de Thomas se dessine à l’annonce de Jésus : « Quand je m’en serai allé et que je vous aurai préparé une place, je reviendrai, et je vous prendrai avec moi, afin que là où je suis, vous y soyez aussi. Et vous savez où je vais, et vous en connaissez le chemin ». Avec courage Thomas répond : « Seigneur, nous ne savons même pas où tu vas, comment donc en saurions-nous le chemin ? » C’est par cette intervention qu’il interrompt le discours du Christ après la Cène. Aujourd’hui, nous retrouvons Thomas dans un prodigieux entêtement : « Si je ne vois pas, dans ses mains, l’empreinte des clous, et si je ne mets pas mon doigt dans la place des clous, et si je ne mets pas ma main dans con côté, je ne croirai pas ! »
Ce qui fait de Thomas notre contemporain, c’est prétendre ne croire à rien, affirmer que tout est incertain. C’est aussi le ton de son incrédulité. Une telle attitude ne peut venir que d’une terrible souffrance. On peut imaginer que Thomas a eu plus grand mal qu’il ne veut plus risquer à espérer. Il est sans doute celui qui a beaucoup souffert de la Passion de son Maître, qu’il a plus regretté de ne pas mourir avec LUI. Lui qui a déclaré plus tôt à ses compagnons : « Allons-y, nous aussi et mourons avec lui ! », quand les autres disciples s’inquiètent du risque que prend Jésus de se rendre en Judée. L’incrédulité de Thomas, ses exigences matérialistes découlent d’un homme désespéré. Il a été rétif parce qu’il a été malheureux et a souffert de la désolation de la Croix.
Jésus se montre à ses Apôtres pour les confirmer dans la foi en sa Résurrection, en vue de leur grande mission. Thomas, refuse de croire. Jésus fait comprendre à Thomas qu’il doit avoir foi en ses amis, c’est-à-dire en Église. « Cesse d’être incrédule, sois croyant ». Qu’est-ce qu’être incrédule ? La réponse se trouve dans la parole de Dieu de ce dimanche. Être incrédule, c’est rompre l’unité que le Seigneur a établi entre ses disciples. C’est refuser de partager les témoignages des autres. C’est finalement refuser d’être héritiers de la grâce de la Résurrection du Christ. Ne faisons pas comme saint Thomas. Le témoignage de l’Église nous suffit : celui des Apôtres et de leurs successeurs, celui des martyrs et d’une multitude de chrétiens. Notre foi est vécue en Église et spécialement chaque dimanche, dans notre prière communautaire, ensemble, avec le Christ.
Bon dimanche !
P. Thomas MBAYE















