Communauté des paroisses
St Jean-Paul II du Ribéral

Méditation du 12e dimanche ordinaire

Posté le 20 juin 2026

Dans son entretien, appelé « Discours de mission », Jésus recommande à ses apôtres l’audace apostolique pour proclamer la vérité devant tous. Ainsi, l’évangile de ce dimanche tourne autour du thème de la peur et de l’audace : « Ne craignez pas ceux qui tuent le corps !» L’accent est mis sur le verbe craindre, employé quatre fois en cinq versets. La crainte de la persécution et de la mort violente pourrait faire hésiter au moment de témoigner. Les apôtres ne peuvent s’attendre à une destinée moins douloureuse que celle de leur Maître. La persécution risque de refroidir l’ardeur et de ramollir le courage. Jésus sensibilise ses apôtres à la dimension spirituelle de leur existence à partir de ce qu’ils savent, ce qu’ils font et ce qu’ils sont. Les Apôtres ont pour mission de proclamer l’Évangile. Ils auront besoin de courage et de force, car le message du Christ suscitera des persécutions. Pour Jésus, le croyant ne doit pas craindre ceux qui peuvent lui enlever la vie présente, mais craindre Dieu qui, dans le jugement, peut enlever la vie éternelle. Il n’est donc pas question de la mort comme phénomène naturel, mais de la mort provoquée par la main de l’homme.

Ne pas craindre, c’est en fait avoir l’audace de dire, en dépit des persécutions, l’Évangile au grand jour. La conscience d’appartenir au Messie, de partager son propre destin, voilà ce qui peut donner l’assurance et le courage nécessaires pour faire reculer la crainte. Une seule personne est à craindre, le Dieu qui peut faire périr l’homme à jamais. En conséquence, il n’ y a aucune fidélité intérieure qui ne doive être connue à travers un style de vie tellement visible qu’il suscite des affrontements avec le milieu. Jésus invite ses Apôtres à bannir la crainte et à mettre leur confiance totale dans le Père qui veille sur eux. Ne pas craindre, c’est faire confiance au Père pour la vie et pour l’éternité, car Dieu veut que l’homme vive et soit sauvé.

L’avertissement de Jésus est très réaliste : la mort des témoins n’est pas accidentelle mais providentielle. Le corps de celui qui témoigne joue un rôle capital, soit comme instrument de témoignage, soit comme cible offerte aux persécuteurs. La mort du croyant qui consent au martyr pour témoigner de sa foi a un sens profond et la Trinité y participe de la manière la plus positive. Car c’est l’amour trinitaire qui se situe à la base même de son être créé et racheté. Celui qui aura le courage de témoigner de sa foi en Jésus au milieu des dangers et des contradictions, celui qui proclamera la Bonne Nouvelle en toute circonstance trouvera en Jésus un défenseur au jour du jugement. Lors du jugement dernier, c’est le Christ, Roi-Messie, qui fera passer les élus de son Royaume à celui de son Père. Ils doivent mettre en Lui leur confiance. L’audace dans le témoignage a toujours sa place dans l’Église et la portée de ces paroles est toujours d’actualité.

Bon dimanche à tous !

P. Thomas MBAYE