Communauté des paroisses
St Jean-Paul II du Ribéral

Méditation du 13e dimanche ordinaire

Posté le 26 juin 2026

Jésus s’était présenté comme un signe de contradiction qui peut séparer là où l’unité semblait invulnérable. En ce dimanche, Jésus termine son « Discours de mission », c’est-à-dire ses recommandations aux apôtres, qu’il vient de choisir. Il réclame de ses apôtres une générosité totale, qui renonce même à l’amour familial et qui se charge de la Croix. L’apôtre de Jésus doit se mettre entièrement au service de Dieu, renoncer aux préoccupations terrestres, et prendre sa croix. Jésus donne l’impression d’être « jaloux », de la jalousie de Dieu à l’endroit de son peuple. Non seulement faut-il le préférer à ses proches, mais encore à sa propre vie. L’option en faveur de Jésus doit donc avoir priorité sur l’appartenance familiale. C’est une véritable rupture avec ses certitudes acquises, avec un certain passé pour s’engager dans le changement, se mettre à la recherche de l’essentiel. Cette rupture avec le père aussi bien au plan familial qu’au plan social est essentiellement une conquête permanente en même temps qu’une libération et une expérience de foi.

Celui qui refuse l’invitation du Maître parce qu’incapable de rompre les liens les plus chers se révèle indigne de Jésus qui se voit refuser l’abandon total auquel il a droit. Porter sa croix. La croix est le résumé de la vie chrétienne dans les détachements, dans les outrages, dans la souffrance. Prendre sa croix, c’est accepter sa mort comme Jésus a accepté la sienne, dans un climat de remise confiante de soi-même à la Trinité Sainte. Nous n’avons qu’une vie. Cette vie unique et qui passe si vite, nous ne pouvons faire autrement que de vouloir non seulement la conserver, mais la vivre avec une intensité maximale, l’organiser en toute autonomie et sécurité, l’orienter vers les valeurs surnaturelles, en toute liberté selon ses goûts surnaturels pour son plus grand bien.

Le chemin proposé par l’évangile de ce dimanche, loin de détruire la personne, lui confère au contraire une profondeur de vie et une densité d’humanité qui n’est autre qu’une participation à la résurrection de Jésus. Ce Jésus, ayant donné sa vie, l’a reprise pour toujours afin de la donner à ceux qui acceptent de parcourir le même chemin. À la suite de Jésus et de ses disciples, chacun est appelé à « perdre » sa vie, à se dépouiller de toute avidité égoïste. Il s’agit de sortir de soi, de se dépasser. Ainsi, tout doit nous faire penser à Dieu, nous ramener vers Dieu. Nous devons le voir partout. Il nous enveloppe de toutes parts, il nous pénètre au plus profond de nous-mêmes. Il continue sa création en nous et par nous. Il nous recrée sans cesse. C’est en la Trinité qu’il faut « perdre sa vie » pour la retrouver éternellement en l’Amour du Père à la manière du Fils. Perdre sa vie un peu plus tous les jours au service de Dieu et du prochain, c’est faire l’expérience quotidienne de la grâce qui nous relie aux Trois Personnes de la Trinité, c’est vivre déjà sur terre la félicité céleste.

Bon dimanche !

P. Thomas MBAYE