Méditation sur le baptême de Jésus
L’évangile de ce dimanche nous présente le Précurseur lançant un appel vibrant à la conversion et annonçant la venue toute prochaine du Messie. Alors paraît le Messie lui-même pour se faire baptiser. Que représente alors pour Jésus le fait de se faire baptiser ? Un geste de complaisance vis-à-vis d’une pratique religieuse de l’époque ? Une intention d’édifier la foule en donnant un signe de repentance dont il n’a pas besoin ? Comment celui qui doit baptiser dans l’Esprit Saint et le feu peut-il se laisser baptiser dans l’eau en signe de pénitence ? Si l’intention de Jésus de se faire baptiser par Jean nous paraît indéniable, la finalité ultime de ce geste ne nous est cependant pas précisée.
Jésus vient vers Jean-Baptiste comme ceux de son peuple pour recevoir le baptême. Recevoir avec son peuple le baptême de repentance montre que l’amour prévenant de Dieu est déjà présent. En se mêlant aux pécheurs, Jésus ne se montre pas différent des autres membres de son peuple. Il est celui en qui tous peuvent se reconnaître. Il est celui qui, dans son enfance, a revécu l’expérience de son peuple poursuivi par la mort, fuyant en Égypte . Il est là, comme les autres et que Jean a du mal à coprendre. Demander le baptême, c’est donc accepter la condition humaine avec toutes ses contradictions. Au fleuve du Jourdain, Jésus est là au milieu de tous et il se fait comme tous. Il descend dans l’eau avec tous ceux qui demandent pardon. Il les rejoint sans jugement et sans mépris. Son immersion dans l’eau montre la solidarité du Fils de Dieu avec la condition humaine, limitée, pécheresse et mortelle.
Jésus qui vient de remonter de l’eau, entraîne maintenant derrière lui le monde entier. Les cieux qu’autrefois Adam avait fermés pour lui et ses descendances s’ouvrent de nouveau pour le salut de l’humanité. Au moment où Jésus passe par l’abaissement du baptême, il reçoit l’Esprit. Quelle révélation extraordinaire ! Dieu lui-même témoigne en faveur de son Fils debout sur les rives du Jourdain. Le Père le désigne Jésus comme son Fils, non pour le présenter au monde, mais pour témoigner de lui. En l’appelant son Fils bien-aimé, Dieu veut indiquer non seulement qu’il est unique, mais qu’il lui voue toute la chaleur de son affection ; qu’il lui est agréable en tout ce qu’il fait et tout ce qu’il dit. Nous, chrétiens, qui nous réclamons du Christ, sommes-nous conscients qu’il ne saurait y avoir de séparation entre notre foi et notre vie ?
Bon dimanche à tous et à toutes !
P. Thomas MBAYE















